Guillaume Menoux, 46 ans, patron du groupe HWP a le talent de ceux qui inventent pour résoudre, l’énergie et le bon sens béarnais en prime : « Tout ce que je conçois doit être fonctionnel et robuste. Sinon, ça n’a pas d’intérêt ». Sa dernière création ? Un système de pompage d’eau de surface à impact environnemental minimal. Mais le parcours de cet artisan devenu expert international commence bien plus tôt.
Après un CAP obtenu chez les « Compagnons du Devoir » et un apprentissage en ferronnerie d’art à la société Cancé, le natif de Bénéjacq reprend en 2000 une petite entreprise de machines agricoles dans la zone Monplaisir. D’emblée, il invente, soude, boulonne, avec, déjà, l’envie de répondre à des problématiques rares, voire inédites : comment ramasser les boulettes de pétroles de l’Erika ? En « rivière fragmentée », comment créer un ascenseur à poissons qui favorise leur migration ? En 2015, il fonde « STPH » (aujourd’hui rebaptisée « Hydro Mobile »), avec une spécialité : les centrales hydroélectriques.

→ Nay, Kourou et ailleurs
Plusieurs de ces unités émaillent le pays de Nay, les Alpes, et l’on vient de plus en plus loin chercher l’expertise du Béarnais. La Ville de Paris lui commande des stations de filtration et récemment, il décroche un marché du « Canal Seine Nord Europe ». « Un énorme chantier de fret fluvial pour les camions entre la France, la Belgique et la Hollande ». Mise en service : 2032. Mais sa réalisation la plus ambitieuse, certainement la plus complexe à ce jour, reste le système de déluge pour Ariane 6, à Kourou, un système et une solution de refroidissement essentiels au décollage. L’onde sonore atténuée par l’eau pour épargner la table de lancement est une prouesse technique et d’expertise en hydraulique.
→ Apporter l’eau
Peut-être moins impressionnante mais tout aussi utile, la dernière invention « by STPH », un système de pompage d’eau en surface, fonctionne depuis la berge sans toucher au lit des rivières. « Ainsi, on limite l’usure du matériel et on préserve l’environnement ». Présente aussi en Afrique, l’entreprise agit là où les réseaux d’eau sont absents, pour offrir des solutions sanitaires à grande échelle, comme au Bénin dans un bassin d’alimentation de 250 000 personnes en eau potable. Le prochain contrat ? Autour des installations hydromécaniques des JO 2028 aux États‑Unis. Alors, à « Monplaisir », Guillaume Menoux ne boude pas le sien : « Un natif du 64 qui part bosser aux States sur une vague artificielle olympique… c’est un rêve ! ».

